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Les 4 Plaies de l’autoroute dans la ville

Chacune des deux autoroutes (A1 et A 86) écoule un trafic moyen supérieur à 200 000 véhicules/jour sans interconnexion directe et complète entre elles.

Une fracture de la ville : proche du niveau du sol naturel, l’autoroute A1 crée une véritable barrière coupant les quartiers entre eux, les privant de l’accès aux services et à la ville.

Une diffusion de circulation dans la ville : faute d’interconnexion entre les autoroutes (pas d’échangeur direct entre A1/A86), de diffuseurs complets et directs avec les nationales, un trafic parasite de liaison se répand dans la ville (> 30% du trafic urbain). Cette situation crée une ambiance stressante et  accidentogène dans une part importante de la ville.

Des nuisances sonores insoutenables : Selon les évaluations du SEUR 93 (CD93), 36 000 habitants de Saint Denis (soit environ 1/3 de la population dionysienne) sont exposés à des niveaux de bruit supérieurs à 68 dB (moy. LDEN jour/nuit). A ces habitants, s’ajoutent les salariés et usagers.

C’est le cas de 13 établissements de santé et d’enseignement. A cela, il faut ajouter les nuisances aéronautiques. Le bruit représente une nuisance « sourde » et permanente, avec des conséquences sur le sommeil, l’attention, les capacités d’apprentissage. Il peut contribuer à l’hypertension artérielle, aux troubles cardiaques et à l’aggravation des états anxio-dépressifs.

Des pollutions chimiques dramatiques: Les niveaux de pollution quotidienne relevés par la station AirParif de Saint-Denis/Stade de France sont les plus élevés de France par le nombre de jours de dépassement des normes européennes (192 jours en 2012 – 73 jours en 2016) et par l’ampleur des dépassements. En particulier, les teneurs en microparticules sont très élevées. L’OMS les classe « cancérigène certain » (groupe 1) et évalue à plus de 48 000 par an en France, les décès prématurés liés à l’exposition aux PM 2,5. Combien à Plaine Commune, parmi les riverains de l’autoroute et des grands axes ?

Au global, le constat est celui d’agressions à la santé et à l’égalité sociale inacceptables ; une population de 35 000 à 40 000 personnes en état de maltraitance quotidienne, auxquelles s’ajoutent des milliers de salariés. La France est sous la menace de poursuites par le tribunal de la Cour Européenne, tant en ce qui concerne la pollution que les nuisances sonores.

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